C'est tout de même étrange comment parfois, les mots ne veulent plus couler. On dirait que sous mes doigts le liquide est visqueux. De mon stylo à encre ou sur les touches de mon clavier, mes doigts alignent de moins en moins les mots.  Ce n'est pas la première fois que j'ouvre la barre "Nouveau message" et que je regarde l'écran, tout comme je regarde la page blanche.

Il faut croire que le blanc ne m'inspire pas ces derniers temps.

Ce n'est ni un mauvais signe, ni un bon signe. C'est un constat. Je ne m'en formalise pas trop. Mais pourtant, je me dis souvent qu'il faudrait à nouveau couvrir "ces pages" et d'autres avec.

Je pourrais parler lecture. J'ai oublié de "raconter " bien des livres lus et aimés. Ceux qui ne me laisseront qu'un vague souvenir, n'ont pas besoin de figurer ici.

Retenons : Les gratitudes de Delphine de Vigan et un joli livre d'Isabelle Monnin. Je vous avoue que pour ce dernier la lecture date de février dernier lorsque j'étais en Martinique.Une jolie histoire de deux soeurs. En lisant ce livre où l'auteure narre ses souvenirs avec sa soeur, je me suis demandée jusqu'où je pourrais remonter les miens. Avec un an d'écart, nous avons fréquenté la même école pendant des années. Mais je dois constater que je n'ai aucun souvenir de ma soeur dans la cour de récration. mes premiers souvenirs doivent remonter au collège. Je ne dis pas que je n'ai pas de souvenirs d'elle avant le collège, mais je constate qu'aucun souvenirs d'école primaire (et encore moins maternelle) ne me revient avec ma soeur. Nous avions je suppose chacune des centres d'amis bien différents. Tout au plus, je me rappelle d'un carnaval, moi en majorette et elle en fée qui c'était terminé sous des trombes d'eau. Je crois néanmoins que ce sont surtout les photos de l'époque qui ravivent ces souvenirs.

 Mistral perdu ou les événements par Monnin

C'est sûrement ce que je recherche ici, parfois, inscrire les faits. Les rendre "immortels". Les voir noir sur blanc.

C'est aussi souvent une bonne thérapie. Un moyen d'évacuer les nuages, pour moi qui ait trop souvent tendance à tout garder.

Des nuages ? Sous mon ciel, en ce moment ? Bof, guère plus que d'habitude. Ma mère est toujours hospitalisée. Elle va mieux comparé au début, mais cela, je le sens est encore fragile. Cela met un peu de grisaille dans mon ciel, mais j'arrive à m'en accomoder plus ou moins bien.

Evoquer ma mère, c'est forcément évoquer aussi ma soeur. Lorsque j'étais dans le sud, j'ai trouvé le temps de lui parler, de lui dire que notre mère attendait d'avoir de ses nouvelles... elle devait appeler. Nous attendons toujours. Enfin, moi, je n'attends plus. Pourtant, je la croyais quand elle m'a dit qu'elle allait le faire. Je suis une indécrottable optimiste. Notez,  que je ne dis pas naïve. Je n'aime pas ce mot.

Hier, sur un banc, au soleil, assise à côté de ma mère, je lui ai laissé un message. Savoir comment elle allait, comment allaient les enfants et ma grand-mère. 

Mon côté optimiste me dit qu'elle a dû appeler ma mère, à défaut de me rappeler pour donner des nouvelles. 

L'esprit humain a bien des méandres que je ne comprends pas. C'est parfois un vrai labyrinthe. Et moi, les labyrinthes c'est un fait, ça m'angoisse. Vrai de vrai. je déteste ça, ces trucs dans les jardins, faits de hautes haies qui tournent et retournent, ont le don de générer un sentiment d'angoisse chez moi. D'ailleurs, je n'y rentre pas. 

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Pour moi, ma soeur, c'est comme un labyrinthe. parfois, je crois que je suis toute proche d'en trouver la sortie et hop, au détour d'un chemin, me voilà à nouveau en train de tenter de comprendre. Mais après tout, il n'y a peut-être rien à comprendre. Fort heureusement ou malheureusement, je n'ai plus trop envie de rechercher mon chemin dans les méandres de son esprit, de ses sentiments. Je me détache doucement. J'en ai trop souffert et je ne suis pas maso, non plus.

Fichtre. Le liquide visqueux est devenu fluide. 

J'avais des choses à dire. Il me manquait la forme.

Je le savais.

Je le savais que j'avais des choses à dire. Mais cela me lasse aussi de répéter ici toujours les mêmes choses. Ce n'est pas un labyrinthe ce blog, c'est un cercle... une fois la boucle bouclée on refait un tour ! Que de métaphores ce soir !

 

" J'ai fait le tour. La boucle est bouclée." Jacques Prévert.