Parmi mes lecteurs assidus, deux sont déjà au courant de la bonne nouvelle. Ils se reconnaîtront sans nul doute. Je ne vais pas faire durer le suspens. Le rdv d'hier à l'institut Curie (après 6 mois d'attente) fut porteur d'une bonne nouvelle. Je ne présente aucune anomalie génétique sur les gènes testés à ce jour. Lorsqu'elle m'a annoncé cela un poids immense est tombé de mes épaules. Je n'arrivais pas à imaginer l'inverse et de devoir dire à mes enfants que je leur avais potentiellement transmis un mauvais gène. Cela ne veut pas dire que mes enfants seront à jamais à l'abri d'avoir un cancer, comme tout individu sur cette terre, mais au moins ne font-ils pas partie d'un groupe à risque. Il n'est reste pas moins certain que ma fille aura un suivi plus important avec des écho et mammo à faire dès la quarantaine. Comme moi au final.  Je coris que de nos jours les gynécologues n'hésitent pas à proposer des mammographies plus tôt que la fameuse cinquantaine, et c'est une bonne chose. Mais comme m'expliquait le médecin hier, les mammographies ne sont pas non plus des examens sans conséquences alors il convient de ne pas les commencer trop tôt non plus. Tout est une question de juste dosage.

Avant de partir, elle m'a tout de même répété que cette bonne nouvelle ne voulait pas dire que je devais arrêter ma surveillance et relâcher mon attention à l'avenir. Mais ça je l'avais compris. 

Je suis rentrée dans ce bureau, la boule au ventre. J'avais repéré de suite le paquet de mouchoirs posé. J'avoue que j'ai eu un moment de montée de larmes mais des larmes de soulagement. Je respire enfin. car je peux bien vous le dire, je savais que je n'aurai pas eu la force d'entendre une mauvaise nouvelle. C'est une chose d'être malade soi-même, s'en est une autre de penser aux conséquences que cela aurait pu avoir psychologiquement sur mes enfants. Ma fille est jeune ado de bientôt 16 ans, qui subit déjà de plein fouet l'adolescence et ses tourments, l'adolescence et parfois son mal être. Je n'ose imaginer ce que cela peut être pour un ado de savoir qu'il est potentiellement porteur d'un mauvais gène et qu'il devra attendre ses 18 ans pour faire le test.

Je vais chasser ses mauvaises pensées de ma tête. Respirer et me dire que ouf, en voilà une sacrée bonne nouvelle ! Le spectre du cancer familial en a pris un coup et c'est super !

Après comme me dit le médecin, la moins bonne nouvelle c'est que pour mon cas, on se sait pas et on ne saura vraisemblablement jamais ce qui a déclenché le  cancer ; ce fameux " mais pourquoi moi ? " comme elle dit.  Mais bon, c'est la vie. Il n'y pas d'explication à tout. 

Je poursuis donc mon suivi assidu et j'attends avec impatience que les fameux trois ans de risque de récidive de mon cancer triple négatif soit passé. Encore un peu d'attente... mais cette attente ne m'empêchera de vivre normalement et le plus sereinement possible.

Voilà, hier fut une belle journée et les jours à venir le seront aussi. La vie est belle !