Je profite d'un peu de temps et de tranquillité pour passer par ici. 

Ce début de semaine a commencé fort et difficilement.

Cela fait déjà des semaines que ma mère ne va pas bien. Je devrais même compter en années, car après être restée un an en clinique, son état s’est redégradé quelques mois après.

Jeudi dernier, je tentais de la persuader à nouveau de retourner en clinique, sans attendre de toucher encore plus le fond. Mais les angoisses prennent le dessus et la raison ignore tout.

Lundi matin, je suis allée comme prévu passer mon dernier scanner (de ce point de vue là tout va bien et heureusement). J’avais prévu d’aller manger chez ma mère. En arrivant j’ai croisé sa voisine qui m’attendait pour me dire que ma mère était tombée hier, qu’elle avait l’air hagard.

Difficile de vraiment reconstituer ce qui s’est passé, où les heures exactes. Toujours est-il que ma mère a pris des somnifères, pas assez pour que ce soit létal mais trop pour être lucide. En  se levant, elle s’est cognée lourdement contre une armoire avant de tomber.

Je l’ai conduite aux urgences de la clinique : clavicule cassée, bras immobilisé. Autant vous dire que ça n’arrange pas son état psychologique.

Aux urgences de la clinique pas de psy pour me faire une demande d’admission en clinique psy... si j’avais su je serais allée direct à l’hôpital.

Mardi, après avoir insisté lourdement, j’ai obtenu que son psy me reçoive pour me délivrer le dit courrier, puis j’ai appelé la clinique et envoyé les documents, puis j’ai attendu...

Entre temps, j’avais contacté une infirmière pour mettre en place une aide le matin et le soir pour l’habillage et la toilette de ma mère.

La clinique a rappelé le soir à 19 h 30 pour me dire qu’elle serait admise vendredi 16 en début d’après-midi. Je ne m’attendais même pas à une réponse à cette heure-là.

Soulagement.

Maintenant, il reste à gérer les derniers jours.

Lundi, mardi et mercredi m’ont laissé sur le carreau. Fatigue physique et psychologique. C’est extrêmement difficile de côtoyer un malade  si dépressif. De sa bouche ne sortent que des phrases négatives ou des questions : et qu’est-ce que je fais là ? Et qu’est-ce que je vais mettre ? J’y arriverai jamais. Et comment je vais me laver ? Personne ne me douchera. Et comment je vais me laver les cheveux ? Et personne ne m’aidera pour manger...

Et les deux phrases qui m’ont achevé et m’ont fait sortir de mes gongs : « et tu ne viendras pas me voir et tu veux te débarrasser de moi » .

Je suis d’un naturel plutôt cool, mais là j’ai bondi. D’ailleurs je crois que ça l’a surprise ! Tu m’étonnes !

Comme hier matin, quand elle m’appelle à neuf heures pour me dire qu’elle n’arrive pas à sortir de son lit, que la sangle de maintien  l’étrangle et qu’il faut que je vienne et qu’elle a laissé les clés sur la serrure à l’intérieur, porte fermée forcément.

Je beugle au téléphone, je fonce râlant dans ma voiture. J’arrive chez elle et je la trouve sangle un peu défaite  en train de déjeuner.  Là je me dis que si ce n’est pas moi qui la tue, c’est elle qui va me tuer.

J’ouvre, les volets, respire et je repars chez moi, lui disant que je reviendrai pour le repas du midi et qu’en attendant, elle va attendre que l’infirmière arrive pour sa toilette.

Retour maison, pour faire les courses car oui, pendant ce temps dans mon cercle familial proche la vie continue. Les enfants mangent, travaillent. Mon mari bosse aussi. Je devais hier accompagner fiston pour son code, je n’ai pas pu. Mon mari a pris le relais. Je devais vendredi l’accompagner à une journée porte ouverte à l’Ina, je ne pourrais pas. Là encore c’est mon mari qui a chamboulé son emploi du temps.

D’ici la fin de la matinée, je vais aller chez ma mère pour préparer le repas et manger avec elle. J’ai maintenu son rdv chez le coiffeur. Après il faudra que je fiel pour récupérer ma fille et l’amener voir son psy. L’infirmière prendra le relais ce soir.

Et vendredi, j’y serai de bonne heure. La valise se prépare. Il faudra fermer la maison... pour combien de temps cette fois ?

Ma grand-mère a elle aussi été admise à l’hôpital pour une série d’examen car elle a des problèmes de circulation sanguine. Heureusement et c’était la deuxième bonne nouvelle d’hier, le problème devrait pouvoir se résoudre au cours de l’artériographie et elle devrait sortir samedi. Et deuxième bonne nouvelle d’hier, mon fils a eu son code (4 fautes).

Toujours finir sur du positif.