Les fêtes de Noël furent chaleureuses.

J'ai, je l'avoue un peu craqué et pleuré le 25 à midi. Trop d'émotion contenue, trop de belles attentions à mon égard et hop les larmes sont venues. Elles n'ont pas gâché la fête heureusement.
Puis le 26 est arrivé avec son rdv tant attendu.
Ce rdv fut instructif (même si avec mon mari, nous nous étions au préalable bien renseignés).
Une des premières interrogations, que nous nous posions, a vite trouvé réponse : pourquoi ai-je obtenu ce rendez-vous alors que seul mon grand-père a eu à un âge avancé un cancer de la prostate ?
Comme nous nous en doutions, le fait que mon cancer soit triple négatif, a ouvert les "portes" de cette consultation.
A partir de là, forcément une autre question a jailli : pourquoi le chirurgien ne nous a parlé de cette consultation qu'à la fin du traitement et pourquoi l'oncologue (premier concerné ne nous a rien dit) ?
Mais j'y reviendrai.
Le médecin en face de nous, nous a clairement expliqué les choses.
3 mutations sont recherchées : BRCA1, BRCA2 et depuis environ deux ans  PALB2.
Les deux premières mutations augmentent le risque de cancer du sein et de l'ovaire. La dernière joue uniquement sur le cancer du sein. Si une telle mutation était trouvée un suivi encore plus pointu serait proposé. Comme nous l'a dit le docteur, certaines femmes ont recours à des gestes chirurgicaux "préventifs" et procèdent à une ablation des deux seins, ainsi que des ovaires et des trompes.
Le cancer des ovaires est malheureusement très mal détecté, ce qui fait qu'il est souvent repéré à un stade déjà bien avancé.
Si une telle mutation devait être trouvée chez moi, ma mère, mon père et ma soeur seraient proposés pour un dépistage. Est alors arrivé la question des enfants. Les enfants mineurs ne peuvent pas faire le test. Si ma fille devait être porteuse, alors elle serait suivie dès l'âge de 30 ans, pour mon fils, le problème se porterait vraisemblablement davantage sur sa descendance que sur lui.
A l'évocation de mes enfants, j'ai commencé à avoir les larmes aux yeux. il est des sujets que j'ai beaucoup de mal à aborder. Etre malade est une chose, imaginer ses enfants traverser la même chose et vivre avec le spectre du cancer au-dessus de leurs têtes est douloureux à concevoir et culpabilisant.
Mon cancer, triple négatif a été abordé aussi, et comme je le disais au médecin, j'ai appris plus de choses sur ce cancer par moi-même que par mon oncologue. Le médecin a confirmé que le risque de récidive était plus élevé dans les deux voire trois prochaines années. Néanmoins, si il n'y avait pas de récidive au delà de ces trois ans, je serais considérée comme guérie de ce cancer (ce qui n'exclut pas un autre cancer à un autre endroit).
Au fil de la conversation, nous avons bien senti que cette analyse génétique aurait dû nous être proposée bien plus tôt. Elle n'aurait pas eu d'incidence sur la chimiothérapie, mais aurait eu un impact sur la chirurgie. Si il y a un terrain génétique, une mammectomie semble préférable. Avec ces données, j'aurais peut-être vu les choses autrement. A l'heure actuelle, je me demande si je prendrais, si une telle mutation devait être présente chez moi, l'option d'une double mammectomie. J'aurais moins d'hésitation sur les ovaires car ayant déjà eu mes deux enfants et sachant que la chimio semble avoir définitivement mis fin à ma production ovulaire, mes deux charmants ovules me sont bien moins utiles.
A la fin de l'entretien, après avoir signé et approuvé certaines recommandations, dont celle d'informer ma famille en cas de découverte d'une mutation, un rendez-vous nous a été donné pour nous communiquer les résultats du test : le 28 juin à 14 h ! Six mois....
Du coup mon mari a eu cette pretite phrase : " ah mais si c'est si long, alors cela n'aurait pas changé grand chose à l'acte chirurgical ? "?
Petit sourire timide du docteur et moi d'expliquer ce que j'avais déjà compris : " Non, parce que certains tests sont examinés en urgence et là il n'y a plus d'urgence". Re sourire et hochement de tête du médecin
Pour en terminer avec l'oncologue, effectivement le suivi n'était pas top. Au départ, j'ai rencontré un oncologue "expérimenté" qui faisait des grandes phrases, mais que l'on avait du mal à suivre. Puis lors de mes chimios, c'est un autre oncologue que j'ai eu, un plus jeune. Le plus "vieux" passait de temps en temps pendant les chimios. En fait j'ai finalement appris par mon chirurgien lors de ma dernière visite qu'il avait quitté l'hopital. j'ai dû rappeler l'infirmière coordinatrice pour qu'elle me dise avec qui je devais prendre rdv pour mon suivi. Suivi que se fait donc avec le jeune oncologue. Je ne remets pas en cause sa jeunesse ni ses compétences mais comme dans tout métier, c'est en forgeant que l'on devient forgeron et l'expérience dans certains métiers est bien essentielle. 
J'ai donc 6 mois devant moi à attendre, à imaginer les possibles... mais je sais que je ne vais pas vivre ses 6 mois en ne pensant qu'à cela. Néanmoins, le stress va être énorme le 28 juin et les larmes couleront quoiqu'il arrive.