Texte écrit mi août 2017

 

Hier, devant mon miroir, j’ai constaté que mes cils, tombés depuis peu, commençaient déjà à repousser. Le premier mot qui m’est venu à l’esprit fut : renaissance.

Et quasi simultanément, j’ai eu en tête, le magnifique livre de Boris Vian : l’écume des jours. J’ai vu le nénuphar de Chloé grandir en elle. Il était dans son poumon.

 

La fleur en mon sein se flétrit au moment où je reprends des forces. Je perçois des signes qui me disent que je vais progressivement, retrouver mon apparence d’avant.  Elle a perdu de sa force.  Elle régresse sous ma peau, je la sens encore, mais tellement moins. La chimio nous aura épuisées elle et moi. Mais, elle semble assommer tandis que je me sens « renaître ».

fleur couleur

 La différence entre elle et moi ? Elle était seule, à tenter de grandir en moi. Je n’étais pas seule, soutenue par la science et le corps médical, mais surtout soutenue par beaucoup d’amour. Il est difficile de dire en quelques mots simples, toute la force que j’ai puisée dans tous vos messages : des mots, beaucoup de mots, des gestes, des pensées, de l’amour, de l’amitié.

 Je ne suis pas naïve, je ne baisse pas la garde. Pas encore. Elle et moi, n’en avons pas encore totalement fini. Dans quelques semaines, des gestes chirurgicaux se chargeront de la sortir de mon corps. Et puis, au cas où elle aurait tenté de semer quelques graines en moi, les rayons X termineront le « travail » commencé il y a maintenant plusieurs mois de cela.

Elle et moi avons franchi une étape. Elle fut longue. Elle a parfois ressemblé à un saut d’obstacles, plutôt qu’une ligne droite sans heurts. Je n’en sors pas encore guérie, mais au moins souriante. Je reprends des forces pour la suite.

Ces quelques mots écrits, je veux les partager avec vous, pour vous dire, bien mieux que je ne saurais le faire de vive voix, combien votre présence m’a aidée à accepter la maladie et à lutter.