jardin secret

récit d'une vie au quotidien.

27 avril 2006

Perdue

J’ai bien changé, durant ces années.

Plus de trente ans que je respire l’air de notre chère bonne vieille planète.

Le temps a fait son effet sur moi : je ne grandis plus, je vieillis.

J’ai gagné en sagesse, en maturité (que le mot est beau), en bien être, en cheveux blancs.

Mon corps a changé. Il faut se faire une raison.

J’ai dit oui à mon homme au sommet de la tour Eiffel. Nous avons construit un doux nid d’amour. Mon corps a porté deux enfants. Je les ai sentis en moi, je les ai sortis de mon ventre. J’ai connu, ce que je n’avais jamais connu auparavant : une immense bouffée d’amour, parfois une immense peur, peur de ce qui pourrait leur arriver, mais une grande confiance en la vie.

J’ai grandi, j’ai abandonné mes jouets, ranger au placard mes playmobils, mes peluches à qui je faisais la classe, mes billes…maintenant je regarde mes enfants…

J’ai gagné tant et tant de choses…mais j’ai perdu une chose essentielle, une chose que je ne retrouverai certainement jamais : j’ai perdu mon imagination.

Cette imagination qu’ont les enfants. Cette capacité de voir des crocodiles dans un salon, là où au mieux vous apercevez les poils du chien.

Cette capacité à transformer un rocher en un bateau merveilleux voguant sur la mer toutes voiles dehors…là où je ne vois plus qu’un repose fesses bien agréable après une balade (viendra un temps, où ce repose fesses, me semblera bien rude…)

J’ai perdu cette capacité à transformer mes jouets en êtres vivants…quoiqu’il m’arrive encore de coucher les doudous de mes enfants bien confortablement (je suis émue en ce moment par le sort du « bébé » longtemps adoré de ma fille, délaissé par l’arrivée d’un autre de ses semblables.).

Alors c’est avec un œil plein de tendresse que je regarde mes enfants jouer et s’inventer un monde imaginaire. Ils jouent avec toute l’insouciance de leur âge.

J’ai envie de leur dire, de ne pas grandir trop vite…mais le temps fait son œuvre…

 

C’est ça, j’ai perdu mon insouciance…misère, misère…Dans quel placard l’ai-je oubliée ?

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21 avril 2006

Mon mari, ce héros !

Petit mari est un héros. C’est même un multiple héros. Il combat des trolls géants verts, des femmes aux seins siliconés, toujours belles mais froides, des femmes courtes vêtues, jambes longues et hâlées.  Il combat dans des jungles, il combat dans des caves et des sous-sols hostiles…Il combat des monstres affreux, des horribles choses sans nom, dans des atmosphères à faire fuir une araignée entraînée au combat de rue.

Mon mari est parfois ce gentil héros, qui lutte pour le bien de l’humanité ! Un Tom Cruise dans la guerre des mondes, un Bruce Willis dans Armagédon. Il est un rien musclé, dans un petit débardeur collant qui laisse voir ses muscles saillants, une barbe de plusieurs jours orne son visage anguleux, un regard noir et ténébreux.

Il dispose de potions magiques, d’armes sophistiquées, d’or et de butin.

Parfois il meurt au combat, dans un bain de sang…mais parce qu’il avait accumulé des vies ( ?????), il ressuscite. Parfois ce sont ses compagnons d’infortune qui meurent à ses côtés, et c’est sans aucune pitié qu’il les abandonne, tout en pestant contre ces partenaires qui ne sont pas foutus de l’aider !

Des fois, petit mari devient un méchant qui vole des voitures, qui écrase tout le monde et jette des pauvres passagers par la portière…Il roule à des vitesses effroyables dans les rues d’une grande ville, ignorant les feux, les voitures de police et les pelouses interdites.

Mais peu importe le personnage qu’il devient, il y a une chose qui est sûre : si il perd, si il meurt, si le jeu plante…il sort de sa bouche des tas de mots grossiers qui me laissent toujours aussi perplexe.

 

Mais que chacun et chacune se rassurent, une fois le jeu éteint, petit mari redevient un homme civilisé. Il ne combat plus que ses enfants qui se jettent sur lui, il ne combat plus que des petites araignées, qu’il daigne écraser, mais surtout pas ramasser. Il ne combat plus que les crottes du chien dans le jardin, il ne combat plus que quelques menus outils de bricolage qui résistent, il ne combat plus qu’un sac poubelle qui fuit, il ne combat plus que les sujets du 20 H, il ne combat plus que le bazar de sa petite femme, il ne combat plus que l’herbe haute du jardin, il ne combat plus que sa fille qui lui aura caché sa bouteille d’eau, il ne combat plus que son propre corps quand l’envie lui prend d’aller courir ou faire du vélo…

 

En fait, il a deux facettes.

Mais voici ce qu'il en pense : c'est ici.

 

 

Posté par phany à 08:39 - divers - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2006

Comme Nicolas

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Les tulipes sortent et s’ouvrent. Les jonquilles les avaient précédées. Les arbres fruitiers sont en fleurs : du pêcher jusqu’au cerisier. Tout reverdit. On se sent alors la main verte.

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Dans un merveilleux élan, on retourne la terre à coup de bêche. On chope rageusement les mauvaises herbes, tout en sachant pertinemment qu’elles reviendront dès qu’on aura le dos tourné. On évite l’herbe arrachée par fiston et envoyée négligemment par-dessus tête. On observe la cadette, remplissant des pots de terre, pour mieux les vider un peu plus loin.

Et on se sent pousser des ailes, on se sent l’âme d’un grand jardinier.

Une fois le terrain retourné, partagé en trois, nous entreprenons de planter nos petites graines et c’est parti pour des semis. Nous voyons grand, nous aimons voir pousser, nous aimons récolté (si possible) et goûter.

Nous semons radis (déjà l’année dernière), salades et carottes. Pour les deux derniers semis, l’incertitude est grande.

Je prépare des petits sillons, je donne mes consignes : les graines dans les sillons. Je montre et je confie les sachets.

Clément aura renversé une petite partie de ses graines de radis sur les dalles, Léanne aura semé ses graines à la volée, où bon lui semblait.

Mais peu apporte, nous sommes rentrés les mains terreuses, fiers de nous, fiers d’être restés sous l’averse…et peut-être dans quelques semaines fiers de nos légumes. Qui sait.

Posté par phany à 10:31 - vie privée - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2006

Des oeufs...

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lDimanche matin, temps gris sur la picardie. Pas même un petit rayon de soleil.

Les enfants sont réveillés, impatients d’aller explorer le jardin à la recherche des précieux œufs de Pâques.

Nous concluons un marché : ne pas ouvrir les volets donnant sur le jardin, pour ne pas effrayer les cloches

qui pourraient passer par là.

Les parents s’habillent rapidement, puis les enfants montent avec leur père, pour eux aussi se vêtir correctement avant la grande expédition matinale.

Pendant ce temps…pendant ce temps, j’aide les cloches et les lapins malicieux, un peu débordés en ce matin, et je sème à tous vents des œufs multicolores…J’adore en acheter des petits…il y en a plein partout.

Je dépose avec plus de délicatesse, les sujets…je sème dans la pelouse mousseuse, tel le petit poucet. Je repère les endroits où j’ai mis les œufs afin d’être sûre de ne pas en oublier.

Après cette petite course matinale, je rejoins ma petite famille. Les enfants finissent de se faire habiller. Nous descendons et décidons d’ouvrir les volets. L’aîné après quelques instants repère les premiers œufs cachés…et les premiers cris surgissent.

Dernière couche de vêtements…les enfants récupèrent leurs paniers confectionnés la veille

Et c’est parti.

Clément est efficace, il repère tout. Léanne le suit en bon petit soldat. Un peu plus perdue la cadette.

« C’est génial, c’est dingue ! » entendons-nous.

Les petits paniers se remplissent vite. Clément vide le sien dans le gros que j’avais prévu. Une fois, deux

fois… Léanne tient le sien…il est bientôt prêt à craquer mais pas question de le vider.

Les œufs disparaissent du jardin…je regarde mon panier. Il est plein…je n’ai pas envie que ce moment se termine.

J’envoie les enfants derrière un massif inexploré près duquel négligemment je viens de relancer quelques œufs…et pendant ce temps, je file discrétos derrière le grand sapin. Et là, je ressème des œufs…

« Bon, y a-t-il en endroit du jardin où nous n’aurions pas regardé ? » «

« Près du sapin » répond Clément.

Trop fort. Et les derniers œufs sont ramassés et mon panier se rempli à nouveau sans que personne ne remarque rien, sauf petit mari, qui a filmé ce moment de grande malhonnêteté maternelle !

C’était pour la bonne cause !

Les enfants sont ravis. Les bas de pantalons sont trempés.

Les cloches de l’église sonnent, la cueillette des œufs est terminée.

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Pour une version plus romancée c'est par là

Posté par phany à 08:40 - vie privée - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 avril 2006

Mon nouveau chez moi.

Respirez, c’est le printemps.

Mon blog s’éveille.

Mais tout cela n’aurait pas pris forme sans petit mari. Un grand merci, mon chéri, pour tes précieuses indications et ton aide finale indispensable.

Il me reste quelques photos à mettre de ci de là, un album photo à remplir, des liens à mettre (que personne ne se formalise j’y viendrait doucement)…et puis tant de choses à venir.

Merci.

 

Posté par phany à 08:22 - divers - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 avril 2006

L'âge de glace 2

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Mercredi : jour des enfants.

Nous avons enfilé notre manteau en poils de mammouth, rempli notre glacière de glace, et nous sommes allés voir : l'âge de glace 2 !

Pour la petite histoire, Clément est un fan du numéro 1, qu'il passe en boucle à la maison.
Dans le cinéma, ce fut l'hilarité générale : de la grand-mère, en passant par la mère et les deux enfants. Même la cadette a beaucoup rigolé, notamment avec Scratch , l'espèce d'écureuil aux longues dents qui court toujours après son gland.
Et quand mes enfants gloussent au cinéma, le rang de devant se retourne parfois.
Et c'est sans compter sur les différents commentaires dont toute la salle a profité.
Heureusement que le public enfantin est plus tolérant que celui des adultes.

Pour faire bref : excellent!

 

Posté par phany à 09:25 - divers - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 avril 2006

Médecin de l’éducation nationale 2

Ce matin, comme prévu, j’ai rencontré THE médecin de l’éducation nationale.

La directrice a même appelé chez moi, pour me demander si je pouvais venir plus tôt.

C’est donc sans préparation à la boxe, que je me suis rendue à cet entretien.
 

Nous voici donc, toutes deux coincées dans la bibliothèque, moi carnet de santé en main, elle, tests de Clément sous les yeux.

Et l’entretien a commencé. Il a presque duré une heure. Une heure pendant laquelle nous avons pu discuter de Clément en long, en large et même travers.

Nous sommes rapidement passées sur l’orthophonie, et sur le port de lunettes.

2 grands sujets :

 sa difficulté à suivre un stylo des yeux ou poursuite oculaire

 son agitation.

 

Pour le premier symptôme je suis orientée vers mon ophtalmo pour éventuellement aller ensuite chez un orthoptie car mon fils présente, je cite : « une très grande lenteur dans le traitement visuel de l’information », ce qui pourrait entraîner selon la petite dame des difficultés en lecture.

 

Deuxième symptôme : son agitation.

Et là je me vois proposer un petit questionnaire.

Dort-il bien, pleure-t-il souvent, est-il excitable ?????....

J’ai beaucoup aimé le mot excitable. J’ai bien eu envie de lui dire que lorsque petit mari s’amusait avec son fils, oui ce dernier devenait vite très excité ! Je me suis juste contentée de lui demander ce qu’elle entendait par excitable.

Puis j’ai bien regardé ses pieds. Bah, elle n’avait pas de gros sabots pourtant.

Je l’ai sentie arriver de loin…Et vous ?

Le grand mot, le grand mal du moment : l’hyper activité.

Non, madame, il n’est pas hyper actif, il sait parfaitement jouer calmement seul dans sa chambre avec ses jouets, il est parfaitement capable de se concentrer sur quelque chose pendant plusieurs minutes, si cela l’intéresse.

Elle abandonne cette hypothèse.

Et de là nous dévions sur son côté angoissé, et me voilà avec le numéro de téléphone de deux psy de la région.

J’ai aussi le nom du centre de neuropédiatrie d’Amiens pour le cas où, l’année prochaine…

 

Bah, avec tout cela, si fiston ne passe pas le bac à 10 ans, ce n’est à ne plus rien y comprendre.

 

Point positif, merci mon Dieu, il a une mémoire à courte terme au dessus de la moyenne.

Comme quoi, il cache bien son jeu, sous ses airs agités.

 

Posté par phany à 17:38 - vie privée - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2006

"cro" mignon

Entre filles dans la salle de bain.

Elle, grimpée, sur son petit tabouret, pour être à la hauteur du lavabo.

Séance brossage de dents pour nous deux.

Séance coiffage, deux couettes pour elle, plus sobre pour moi.

 

Elle : Je peux voir tes oreilles ?

Moi : Regarde.

Elle : T’as des « crous »

Moi : Oui, pour mettre des boucles d’oreilles.

Elle, toujours observant mes oreilles : Faut les réparer !

Et elle ajoute devant mon sourire : Quand j’aurai 4 ans et demi, j’aurai des « crous » à les oreilles !

Des petits trous, des petits trous, toujours des petites trous...

Posté par phany à 09:03 - vie privée - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 avril 2006

médecin de l'éducation nationale

Plus l’on me dit de ne pas m’inquiéter, plus je m’inquiète.

 

Vendredi dernier, à l’école, la directrice nous a remis une lettre : convocation par le médecin scolaire (que dis-je : le médecin de l’éducation nationale), pour jeudi 13 avril :

« Cette visite a pour but à travers un entretien et un examen de comprendre les besoins de santé de votre enfant et leurs relations avec la scolarité ».

Je ne suis pas encore sûre d’avoir compris le sens de cette jolie phrase, ni même de la trouver correcte d’un point de vue grammatical.

Mais bon, Madame P, médecin de l’éducation nationale, souhaite s’entretenir avec les parents du jeune Clément. Cela tombe bien puisque je suis en vacances. J’y serai.

Mais voilà que la directrice de l’école répète avec insistance à petit mari, venu chercher les enfants à l’école, de ne pas s’inquiéter.

A force d’entendre cela, on s’inquiète encore plus.

Soyons lucide : clément n’est pas le modèle type du parfait élève. Il a des difficultés scolaires, il peut être parfois très borné, et refuser de travailler de crainte de se tromper, mais dans l’ensemble, au vu de son travail il n’est pas en échec. Il avance à son petit rythme.

 

J’avais oublié mes inquiétudes ce week-end. Mais voilà, que je discute ce midi avec la directrice qui me rappelle mon rendez-vous et me redit de ne surtout pas hésiter à « rentrer » dans le médecin scolaire (que dis-je de l’éducation nationale), de ne pas me laisser faire.

Je lui ai demandé, si il fallait que je prévoie les gants de boxe ou le paquet de kleenex.

Cette dame ne fait pas l’unanimité dans l’école et je me demande bien quels « tests » elle a fait passer à mon fils ?

 

Je sens que je vais en prendre pour mon grade et fiston avec.

 

Je vous conterai tout cela jeudi, si la petite dame ne m’a pas trop énervée.

 

 

Posté par phany à 17:38 - vie privée - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 avril 2006

Coiffeur du mercredi.

Hier, mercredi, jour des enfants et des instits, je décidais d’aller rendre visite à mon grand ami le coiffeur.

Je n’aime pas le coiffeur, faut faire la conversation, poireauter des heures…Mais bon il faut souffrir pour être belle. (Parfois la souffrance ne suffit même pas).

Je laissais donc mes deux charmants enfants à leur mamie, et j’allais rendre visite à mon coupeur de cheveux.  Ce coiffeur est dans la même ville que mon école et que ma baby-sitter du jour.

A peine rentrée, je remarquais le papa d’un élève de l’école, avec son fils. Echange d’un bonjour courtois.

J’ai beaucoup aimé être assise à ses côtés, papier d’alu dans les cheveux en attendant que les mèches prennent.

Véritablement, on se sent très à l’aise.

Deux heures et 30 minutes plus tard, je sortais de ce lieu laissant derrière moi beaucoup de mes cheveux.

A peine avais-je franchi la porte, que je me suis trouvée nez à nez avec un de mes élèves.

Il a semblé plus surpris que moi en me voyant et m’a lancé :

« C’est toi, madame C ? »

(J’ai beaucoup aimé le tutoiement côtoyant le madame.)

« Et oui, c’est moi ! »

Avais-je donc tant changé que cela ?

 

Et ce matin, j’ai pris un petit plaisir à répondre aux élèves qui me demandaient si j’avais vu le coiffeur ces derniers temps : « Ah, mais non, il sont tombés dans la nuit ! »

J’adore les titiller un peu.

C’est comme lorsque, arrivés au page de leur page, certains me demandent ce qu’ils doivent faire, je lance radieuse : « Tu écris sur la table et je la ramènerai à la maison pour la corriger.»

Là je détecte tout de suite, ceux dont le sens de l’humour est en éveil.

Je sais, c’est très puéril.

Mais les maîtresses sont de grands enfants.

Posté par phany à 18:37 - divers - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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