jardin secret

13 mai 2019

Encore une coïncidence ?

Deux messages en deux jours ! Attention ne nous emballons pas. Il est possible qu'une période de disette suive cette "boulimie" passagère.

Hier, après avoir écrit ma note ( et presque surprise au final d'en avoir dit autant), je suis allée me coucher. Avant cela, une mission : aller choisir mon nouveau livre de chevet.

Au pied du lit, au pied de l'étagère, git une pile de livres. On y trouve les livres lus récémement et pas encore rangés (oui, oui, il faudrait racheter une étagère), les livres lus par l'un et pas par l'autre et les livres en attente de deux lecteurs.

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Sans avoir de véritable idée du sujet du livre, j'ai choisi celui-ci  (livre acheté par mon mari... qui me dit : "ça doit être un livre de filles". Il existerait donc des livres de filles pour les filles et des livres de mecs pour les mecs ? Discussion à creuser. Bref, je digresse).

Et soudain, la liberté par Pisier

Mon lit, un livre, une couette et hop, je bouquine.

La dernière fois en lisant le dernier Delphine de Vigan, je m'étais dit que la vie nous réservait de drôles de coïncidences.

Page 30, de ce livre,  je tombe sur ça :

"Que se passe-t-il en vous le jour où vous apprenez que la femme que vous aimez le plus au monde, votre mère s'est suicidée ? Quelle part de vous s'effondre pour toujours à cet instant ? En écrivant ces mots, je ne peux m'empêcher de penser à Delphine de Vigan et à son livre : "Rien ne s'oppose à la nuit." "L'idée ne pouvait pas m'atteindre, c'était inacceptable, c'était impossible, c'était non. " Et pourtant.

 

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12 mai 2019

La vie est loin d'être une ligne droite !

C'est tout de même étrange comment parfois, les mots ne veulent plus couler. On dirait que sous mes doigts le liquide est visqueux. De mon stylo à encre ou sur les touches de mon clavier, mes doigts alignent de moins en moins les mots.  Ce n'est pas la première fois que j'ouvre la barre "Nouveau message" et que je regarde l'écran, tout comme je regarde la page blanche.

Il faut croire que le blanc ne m'inspire pas ces derniers temps.

Ce n'est ni un mauvais signe, ni un bon signe. C'est un constat. Je ne m'en formalise pas trop. Mais pourtant, je me dis souvent qu'il faudrait à nouveau couvrir "ces pages" et d'autres avec.

Je pourrais parler lecture. J'ai oublié de "raconter " bien des livres lus et aimés. Ceux qui ne me laisseront qu'un vague souvenir, n'ont pas besoin de figurer ici.

Retenons : Les gratitudes de Delphine de Vigan et un joli livre d'Isabelle Monnin. Je vous avoue que pour ce dernier la lecture date de février dernier lorsque j'étais en Martinique.Une jolie histoire de deux soeurs. En lisant ce livre où l'auteure narre ses souvenirs avec sa soeur, je me suis demandée jusqu'où je pourrais remonter les miens. Avec un an d'écart, nous avons fréquenté la même école pendant des années. Mais je dois constater que je n'ai aucun souvenir de ma soeur dans la cour de récration. mes premiers souvenirs doivent remonter au collège. Je ne dis pas que je n'ai pas de souvenirs d'elle avant le collège, mais je constate qu'aucun souvenirs d'école primaire (et encore moins maternelle) ne me revient avec ma soeur. Nous avions je suppose chacune des centres d'amis bien différents. Tout au plus, je me rappelle d'un carnaval, moi en majorette et elle en fée qui c'était terminé sous des trombes d'eau. Je crois néanmoins que ce sont surtout les photos de l'époque qui ravivent ces souvenirs.

 Mistral perdu ou les événements par Monnin

C'est sûrement ce que je recherche ici, parfois, inscrire les faits. Les rendre "immortels". Les voir noir sur blanc.

C'est aussi souvent une bonne thérapie. Un moyen d'évacuer les nuages, pour moi qui ait trop souvent tendance à tout garder.

Des nuages ? Sous mon ciel, en ce moment ? Bof, guère plus que d'habitude. Ma mère est toujours hospitalisée. Elle va mieux comparé au début, mais cela, je le sens est encore fragile. Cela met un peu de grisaille dans mon ciel, mais j'arrive à m'en accomoder plus ou moins bien.

Evoquer ma mère, c'est forcément évoquer aussi ma soeur. Lorsque j'étais dans le sud, j'ai trouvé le temps de lui parler, de lui dire que notre mère attendait d'avoir de ses nouvelles... elle devait appeler. Nous attendons toujours. Enfin, moi, je n'attends plus. Pourtant, je la croyais quand elle m'a dit qu'elle allait le faire. Je suis une indécrottable optimiste. Notez,  que je ne dis pas naïve. Je n'aime pas ce mot.

Hier, sur un banc, au soleil, assise à côté de ma mère, je lui ai laissé un message. Savoir comment elle allait, comment allaient les enfants et ma grand-mère. 

Mon côté optimiste me dit qu'elle a dû appeler ma mère, à défaut de me rappeler pour donner des nouvelles. 

L'esprit humain a bien des méandres que je ne comprends pas. C'est parfois un vrai labyrinthe. Et moi, les labyrinthes c'est un fait, ça m'angoisse. Vrai de vrai. je déteste ça, ces trucs dans les jardins, faits de hautes haies qui tournent et retournent, ont le don de générer un sentiment d'angoisse chez moi. D'ailleurs, je n'y rentre pas. 

Résultat de recherche d'images pour "image labyrinthe"

Pour moi, ma soeur, c'est comme un labyrinthe. parfois, je crois que je suis toute proche d'en trouver la sortie et hop, au détour d'un chemin, me voilà à nouveau en train de tenter de comprendre. Mais après tout, il n'y a peut-être rien à comprendre. Fort heureusement ou malheureusement, je n'ai plus trop envie de rechercher mon chemin dans les méandres de son esprit, de ses sentiments. Je me détache doucement. J'en ai trop souffert et je ne suis pas maso, non plus.

Fichtre. Le liquide visqueux est devenu fluide. 

J'avais des choses à dire. Il me manquait la forme.

Je le savais.

Je le savais que j'avais des choses à dire. Mais cela me lasse aussi de répéter ici toujours les mêmes choses. Ce n'est pas un labyrinthe ce blog, c'est un cercle... une fois la boucle bouclée on refait un tour ! Que de métaphores ce soir !

 

" J'ai fait le tour. La boucle est bouclée." Jacques Prévert.

 

 

 

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20 avril 2019

Tulipes

Il fait si beau ces derniers jours, que je fus presque surprise d'entendre le vent cette nuit et la pluie !

La pluie nocturne a vite laissé sa place au soleil... quelle douceur !

J'ai profité des quelques gouttes qui restaient sur les pétales des tulipes.

Ces tulipes ne proviennent pas de mon jardin, hélas ! Mais d'un champ de cueillette libre. 

 

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12 avril 2019

Coïncidence

Je m'amuse de certaines coïncidences. 

Un livre lu est souvent pour ma part associé à un endroit, à un moment.

Hier, alors que pour occuper une journée pluvieuse, nous achevions notre virée shopping, j'ai acheté deux livres. Les derniers  livres de Delphine de Vigan et de Cali ( j'avais déjà parlé ici du premier livre du chanteur).

Déjà, la couverture du livre Les gratitudes de Delphine de Vigan était faite pour moi. Magnifique coquelicot sur fond noir. J'adore !

J'ai commencé à le lire hier soir, et je ne l'ai pas encore fini, donc je ne pourrai pas aujourd'hui, donner un avis définitif sur le livre. Mais alors que je suis venue ici pour voir ma grand-mère placée en Ehpad, la vieille dame dont il est question dans ce livre, y fait aussi son entrée. 

Je ne pouvais que m'émouvoir de cette coïncidence. Certains livres semblent arriver au bon moment dans nos vies.

"J'essaie de téléphoner plus souvent. Mais au téléphone, c'est plus difficile. Elle entend mal et se perd plus rapidement. Alors la conversation s'amenuise, se ritualise, se vide malgré moi.Sa voix me paraît soudain si lointaine. [...] Quand je raccroche, c'est mon impuissance qui m'assaille et me laisse sans voix."

 

 

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08 avril 2019

Vacances.

Me voici dans le sud, comme prévu.

La route fut bonne et la circulation très fluide. Joie du départ un dimanche qui évite les bouchons parisiens.

Aujourd'hui, ciel peu couvert. Du soleil, un peu de vent mais pas trop. Promenade dans la garrigue avec mon inséparable appareil photo. Mais comme je n'étais pas seule, je n'ai pas abusé du déclencheur. 

Cela fait du bien ces promenades au grand air.

Vers 16 h 30, nous sommes allées avec ma fille voir ma grand-mère. Ma soeur m'avait prévenue par texto de me préparer à la voir amaigrie et "escamotée" au visage. En effet, mercredi dernier, alors que ma soeur la ramenait à la maison de retraite après un examen médical, ma grand-mère a chuté. Nez, joue, arcade sourcillière, genou, hanche bien marqués et un pouce douloureux. Elle ne s'est pas ratée.

J'avais prévenu ma fille pour la préparer autant que moi.

Nous l'avons retouvée, loin du loto traditionnel, dans son habituel fauteuil, près du bureau des infirmières, en train de dormir. Une fois de plus, elle m'a semblé si petite... et si mince. Je crois que ce sont ses genoux que j'ai remarqués le plus. De plus en plus fins.

Respirer, retenir la buée de mes yeux, la réveiller délicatement. Lui dire : "Mamie c'est Stéphanie et Léanne". Voir son regard bleu s'illuminer, son sourire apparaitre, et entendre : "Stéphanie, oh mais quelle surprise ! " (Elle ne savait pas que nous devions venir.)

Respirer, sourire, retrouver ma grand- mère. Certes amoindrie, mais toujours bel et bien là parmi nous. Curieuse de savoir comment  nous allions, heureuse de papoter. 

Nous avons évoqué aussi sa dernière fugue, tout en plaisantant sur les multiples barrières qui entourent maintenant l'entrée de la maison de retraite. "Ah, ils en ont fait tout un pataquès ! "nous a-t-elle dit. Rire et connivence. Super mamie était de retour ! 

Cela m'a fait du bien de la voir, de l'entendre, de la sentir assez bien malgré tout.

Sa perte de poids est liée à des problèmes de déglutition. Le radiologue craint des "fausses routes". Difficile de faire des examens supplémentaires car certains nécessiteraient une anesthésie et sur une femme de 94 ans, les médecins sont frileux...

Du coup, elle doit boire de l'eau gélifiée (J'avoue que je ne savais même pas que cela se faisait.) et manger "mouliné". 

La dernière fois, elle s'est fachée" après une résidente, qui la voyant endormie sur son fauteuil, a affolé toute la maison de retraite en criant qu'elle était morte ! 

Il faut dire que certaines personnes âgées n'ont plus toute leur tête. C'est assez "flippant" en fait. J'ai tenté de répondre à quelques questions de dames aux cheveux blancs sans trop paraitre décontenancée. La dame assise à sa table seule, ne nous a pas crié dessus cette fois... ouf !

Dur dur de vieillir et de voir son entourage vieillir. C'est ce que je disais à ma fille, en lui parlant de sa grand-mère, qui me semble si "vieillie" en ce moment. Encore un autre sujet, un autre problème.

Jeudi dernier, elle m'a appelée à l'école. ça n'allait pas...j'ai l'habitude maintenant. Et là le refrain habituel et "pourquoi ta soeur ne m'appelle pas ! ". 

"J'en sais rien maman. Appelle-la, parle-lui, laisse lui un message et tu verras bien".

J'avoue que je ne sais plus quoi dire dans ces cas là. Ni quoi faire, qui ne soit vain.

Elle a appelé, laissé un message, et pour l'avoir eu au téléphone ce soir pour lui donner des nouvelles de sa mère, je sais que ma soeur n'a pas rappelé.

J'ai donc une mission. Discuter avec ma soeur.

Oh joie ! Je sais que cela ne changera rien. Mais bon...

Samedi, c'est ma mère qui m'a inquiétée. Un peu perdue dans le temps. Je suis arrivée avant 15 heures, elle pensait qu'il était 17 h. Un moment dans la conversation, elle m'a dit que c'était long, que cela faisait deux mois qu'elle était là et que rien n'avait changé. J'ai dû lui rappeler qu'en fait cela ne faisait que 3 semaines... je crois que les médicaments l'embrouillent.

Elle se plaint de vertige, d'avoir l'impression de tanguer. Nous sommes sorties acheter un magazine de mots fléchés... peu de mètres, mais la marche fut longue. Sur le retour, elle marchait étrangement, le haut du corps en arrière, penchée sur le côté... j'étais soulagée d'arriver devant le poste infirmier. De retour dans la chambre, après un temps de repos, ça allait mieux. L'infirmier a nénamoins appelé le médecin garde. Un rdv avec un neurologue devrait être pris. Est-ce un effet des médicaments, des angoisses? Je ne sais pas.

Toujours est-il, et j'y vois malgré tout un bon signe, qu'elle pleure. C'est triste dit comme cela, mais, je me dis qu'elle évacue et c'est une bonne chose. Je comprends ses craintes de ne pas s'en sortir, de retomber toujours dans cet état. Je les comprends car, même si je ne le lui dis pas, je les partage. Les phases basses sont de plus en plus présentes et de plus en plus difficile à remonter. L'esprit dérègle le corps. les médocs aussi !

 

Longue note un peu décousue.

 

Allez je ne vais garder que le meilleur : le sourire de ma grand-mère, sa voix et sa peau toujours aussi douce.

 

 

 

 

 

 

 

 

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04 avril 2019

petit point.

Le temps me file toujours entre les doigts. Ajoutez un manque d'envie d'écrire, une certaine fatigue générale et vous me lisez peu.

Il m'a semblé nécessaire néanmoins de passer par ici pour faire un topo "santé".

Mercredi fut comme prévu une journée médicale. Petite prise de sang matinale. Tout est quasi ok sauf mes taux de leucocytes et de polynucléaires en dessous de la norme. Mes dernières prises de sang ne montraient déjà pas des taux fantastiques mais j'avais atteint le minimum "réglementaire". Je suis à nouveau en-dessous comme lors de mes chimios.

Peut-être cela peut-il expliquer ma fatigue ? 

Je verrai à mon retour de vacances (je pars dans le sud dimanche) avec mon médecin ou bien j'attendrai le rdv avec l'oncologue mi-mai.

Deuxième étape, celle que je redoutais le plus : la mammographie et l'échographie. 

Punaise qu'est-ce que c'est douloureux... ouill ouille ouille ! 

Rien d'anormal n'a été détecté. Du tissu adipeux... grrrrrr... on finit pas être contente d'en avoir.

Me voilà donc psychologiquement plus sereine.

Je vais donc partir dimanche dans le sud pour voir ma grand-mère et mon père et pour me changer les idées.

Ma fille part avec moi. 

J'abandonne fiston et mari non sans avoir rempli le frigo au préalable.

 

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24 mars 2019

Au gré du vent.

Et une semaine de passée.

Je me couche avec les poules soit vers 21 h 30 et je me sens encore parfois fatiguée. Pourtant on ne peut pas dire que j'ai un rythme intense et effréné.

J'ai essayé et réussi à me réserver des "plages" pour sortir et marcher. ça me vide la tête. C'est aussi apaisant pour moi que le yoga pour d'autres. Je marche... doucement, je contemple, je me ressource.

J'ai pris quelques photos lors de ces promenades (mercredi matin et cet après-midi) mais rien de bien saisissant. Qu'importe...

Vendredi, toutes les classes de l'école ont participé à une action de nettoyage de la nature. Il faisait bon. C'était agréable. Même si on aurait préféré ne rien avoir à ramasser. 

Aujourd'hui encore lors de ma promenade, j'ai constaté avec effroi que la nature ressemble de plus en plus à une poubelle ! Que de bouteilles, canettes et autres détritus. Déprimant ! 

Ah la déprime... elle m'a accompagnée lors de cette semaine. Petit coup de mou, certains jours. J'en connais la cause. 

Hier je suis allée voir ma mère. Toujours des angoisses. Je ne sais pas si le terme est suffisamment fort. Qu'y a t-il au-dessus des angoisses ?

Je l'ai trouvé vieillie. Elle perd ses capacités motrices. L'infirmier me dit que tout est lié aux angoisses. Ils lui ont donné des gouttes d'un produit dont j'ai oublié le nom... elle a fini par s'assoupir. Une fois de plus, j'ai quitté cette clinique, comme on fuit un lieu maudit. C'est de plus en plus difficile.

Et puis, l'heure de  ma mammo annuelle approche. Ce sera le mercredi 3 avril. Alors forcément je psychote un peu. Je ne peux m'empêcher de faire un lien entre ma mère hospitalisée et mon cancer, car quand je l'ai découvert en 2017, elle était à la clinique... et si je remonte encore plus en arrière en 2013, lors de ma première mammo qui s'est soldée par une microbiopsie ( avec résultat satisfaisant) elle était encore en clinique.

En relativisant, je me dis que vu le nombre de fois, où elle a séjourné en clinique ces dernières années, j'aurai vite fait de faire des liens hasardeux avec beaucoup de choses. 

Disons que j'ai hâte que le 3 avril soit passé. Ce sera déjà une étape de passée.

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17 mars 2019

Chercher l'éclaircie

Vous pouvez voir dans ce titre, un double sens. C'est intentionnel.

Besoin de sortir aujourd'hui, quitte à braver la pluie et la grêle et prendre quelques photos entre deux éclaircies.

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Nuages sombres.

Je pensais avoir fini par m'y habituer. Mais, il faut que je me fasse une raison, je ne m'y habituerai jamais. Cela sera toujours auusi difficile. C'est déchirant. La seule chose qui me "réconforte" c'est de me dire que de toute façon, il n'y pas d'autres solutions, que l'admission en clinique était la seule chose à faire.

Jeudi dernier, j'ai accompagné ma mère, voir son psy. Après une période plutôt sereine et en forme, cela faisait quelques semaines que ça commençait à décliner. Ces derniers jours, c'étaient et ce sont encore des angoisses terribles. Toutes ces petits riens qui semblent (et sont) surmontables deviennent des obstacles infranchissables pour elle. Elle recommence à ne plus manger, ne plus sortir. Seules des phrases négatives sortent de sa bouche : "Je ne vais pas y arriver"; "je n'arrive plus à me laver", "je n'arrive plus à manger" "Je ne sais plus où sont mes affaires"... et le peu de phrases grammaticales affirmatives sont enmpruntes de noir : "Mais qu'est-ce je vais faire ?" ; "je ne suis bien que lorsque je dors ...". Bref, de nouveau, elle sombre. Elle souffre au quotidien d'angoisses.

J'essaie de ne pas me laisser entraîner. Hier midi, quelques heures avant de la faire admettre en clinique, je tentais de maintenir un semblant de conversation, tout en mangeant. "Mais comment fais-tu pour sourire ? " m'a-t-elle demandé.  "C'est bien mieux que pleurer, non ? " ai-je répondu. Si elle savait comme ma façade était bien en place, si elle savait les fissures qui apparaissaient et que je colmatais.

Jeudi, lors de l'entretien avec le psy, alors qu'elle disait ne pas vouloir aller en clinique, je lui ai dit qu'il fallait qu'elle le fasse, car, moi, j'allais craquer et que je ne pouvais plus et pas l'aider. Je ne sais si elle l'a vraiment entendu, même si elle semble réaliser ce que je fais pour elle.

Hier a été difficile. Le trajet en voiture silencieux. Heureusement à notre arrivée, elle a été prise en charge de suite par un infirmier qu'elle avait déjà rencontré lors de ces précédents séjours. Nous avons aussi vu le psychiatre de garde. j'ai installé ses affaires, elle a pris un anxiolitique donné par le psy, s'est couchée. Je l'ai laissée allongée sur son lit. 

Je suis passé par le poste de soin prévenir l'infirmier que je partais. J'ai commencé à sentir mon armure se fissurer. Il m'a dit que je devais maintenant m'occuper de moi, qu'eux étaient là pour elle, que c'était pour cela qu'elle était là. Je sais tout cela. Mais cela reste difficile.

Sur le chemin du retour, j'ai ouvert les fenêtres de la voiture en grand, monter le son de la musique, respirer pour me "calmer". En passant, devant le cimetière d'un petit patelin, je me suis dit que je devrais aller marcher dans les allées silencieuses pour me "détendre". En même temps que cette pensée me traversait l'esprit, j'ai souri, en me disant que ce serait tout de même très très glauque comme promenade apaisante ! 

Au final, comme je devais passer acheter des fleurs pour un dîner chez des amis le soir, je me suis arrêtée à un truffaut. J'ai erré un peu dans les allées, le temps de choisir une composition, de m'acheter un bouquet de tulipes et un sac au profit de la lutte contre le cancer de l'institut Curie.

En fin d'après-midi, je me suis glissée dans un bain chaud. Je ne peux pas dire qu'aujourd'hui,  je sois au top de la forme morale, mais bon... je progresse par rapport à hier.

Tout à l'heure, un message sur mon répondeur. C'était elle pour me dire de sa petite voix plaintive que ça n'allait pas. Elle m'a rappelée... difficile de parler au téléphone avec elle. Petite voix pour elle, tandis que la mienne se maintient ferme. Je l'ai dirigée vers le poste de soin (qui est tout de même juste à côté de sa chambre). Je crois que je vais maintenir mon téléphone loin de moi, pour le reste de la journée.

Je regarde par la fenêtre. Le ciel est gris. Il vient de pleuvoir. j'espère une éclaircie... un peu comme dans la vie en fait.

 

20190316_130058 Sur son calendrier.

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13 mars 2019

Bref !

10 février ... 13 mars. Mauvais score. Un mois sans écrire !

Bref résumé 

Il y a eu les vacances, 10 jours, loin, très loin à couper de tout ou presque, à boire du rhum, à manger des accras etc...

Et il y a eu le retour : à replonger dans le boulot, à reprendre le rythme, à choper un petit virus juste bon à vous clouer de fatigue au lit pendant un jour et à nouveau à m'occuper de ma mère qui glisse vers le bas (rdv psy demain... et sûrement nouvelle hospitalisation).

J'avais prédit bref, j'ai fait bref. Manque de motivation pour écrire ces derniers temps. Ici comme dans mon journal.

Pas grave. ça reviendra.

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