jardin secret

28 juin 2019

Un vendredi soir sur la Terre.

Même lieu, même cadre pour écrire que lors de ma dernière note.

Un match de foot en fond sonore et un photophore pas encore allumé. 

Il y a de l'air ce soir. Comme tous les soirs en fait depuis une semaine. Je crois que les Hauts de France sont plutôt épargnés par la canicule. Je ne dis pas qu'il ne fait pas chaud, mais c'est encore supportable. 

24 ° degrés le matin dans la classe et 27 ° dans l'après-midi. On a vu pire. Depuis depuis 2 jours, quelques absents néanmoins dans la classe. Certains parents ont préféré garder les enfants chez eux.

La semaine prochaine les températures seront de saison. Quelques enfants seront encore absents pour cause de départ en vacances anticipé. Je commence à ranger dans la classe et à rendre certains cahiers, histoire que les cartables ne soient pas trop lourds vendredi. le rythme est un peu différent depuis une semaine. Math et français le matin et en début d'après-midi, puis on finit doucement certains chapitres d'histoire ou de géographie.

On devrait continuer à ce petit rythme encore lundi et mardi. 
Mardi soir ce sera chorale d'école (elle devait avoir lieu ce soir à 18h, mais nous avons préféré la reporter ne sachant pas quels seraient exactement les températures), puis jeudi et vendredi, les jeux seront autorisés en classe. 

Deux jours un peu plus "bruyants" et jamais désertés par les enfants les plus turbulents (allez savoir pourquoi, ces enfants sont présents jusqu'au bout !)

Hier, ma fille avait sa représentation de théâtre. Toujours aussi sympa. Nous avons une fois de plus bien rigolé.

Encore quelques jours de labeurs pour ma fille avec le passage de l'oral de français mercredi prochain. Je crois qu'il est temps aussi pour elle que l'année se termine.

L'année prochaine dernière ligne droite avec le bac.

Mais fille est amoureuse, je crois... j'y reviendrai. Sommes nous prêts à la voir grandir "d'un coup" ? Même si au fond, ce n'est pas d'un "coup"... moi peut-être plus que son père.

J'en reparlerai, je pense.

Fiston n'est pas encore rentré. Retour prévu vers 23 h normalement, le temps de prendre le dernier TER. Hier et aujourd'hui, il était sur le plateau de Quotidien pour son stage. Je crois qu'il espérait au cours de ces semaines de stage, mettre un peu plus la main à la pâte, mais il est bien plus en observation  qu'en pratique.

Demain, journée de "sortie" pour ma mère. Elle va un peu mieux, mais j'ai déjà connu ces "mieux" de courtes durées qui retombent comme un soufflet. J'attends de voir. 

J'ai fini mon infusion un peu tiède. Oui, oui, une infusion pour finir cette soirée commencée avec une bière (une ambrée, pas mes préférées en fait).

Bon match aux assidus... même si il commence un peu mal. 

 

 

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23 juin 2019

Avancer

Je cherche comme beaucoup un peu d'air frais. Il se fait déjà rare. Parfois un petit souffle remplit d'espoir se fait sentir, mais son effet est bref. L'été est là depuis 2 jours et météo France annonce une semaine caniculaire. La télé va nous passer en boucle les consignes de sécurité. Je crois que cela va être compliqué en classe cette semaine. Dommage que nous n'ayions pas la clim.

Depuis ma dernière note, ma mère a changé de clinique. Elle a commencé son traitement par TMS lundi dernier. Elle est moins angoissée qu'avant son départ, mais le chemin à parcourir est encore long, je le sens.

D'ici 15 jours, je serai en vacances sur la côte Atlantique pour 3 semaines. Je ne sais pas si ma soeur compte monter s'occuper de ma mère pendant mon absence. Je lui ai envoyé un texto plutôt laconique pour lui signifier que je ne pourrai pas m'occuper de notre mère durant cette période. Pas de réponse, sans surprise. J'arrête de chercher à comprendre. Je ne sais même plus si cela m'affecte. Je me demande juste parfois si elle réalise ce que son silence détruit chaque jour un peu plus.

Un jour il sera trop tard. Elle le comprendra. Si elle arrive à vivre avec tant mieux pour elle. J'ai fait suffisamment de pas en avant. 

C'est tout de même fou, comme certains sujets reviennent sur le tapis, constamment. Je me rassure en me disant que je ne suis pas la seule à rencontrer des soucis de la sorte, des frères ou soeurs absents, des parents absents.

Petite phrase de ma mère que j'ai préférée ne pas relever. A quoi bon. Elle me disait : "Tu sais après mes séances de tms, je dors deux heures. Je suis autant fatiguée que toi avec la chimio."...

Maman si tu savais... mais au final, tu ne sais pas. Parce que dans cette épreuve, tu ne m'as pas aidée. Ce n'est pas un reproche. Juste un constat. Peut-être un hasard du calendrier. 

 

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16 juin 2019

Promenade d'hier

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Mes deux photos préférées du moment.

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12 juin 2019

Tombe la pluie

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08 juin 2019

Je crois que les mots de ce soir seront bien plus que de simples mots. Un besoin. Presque une thérapie.

Toujours cette idée, qu'écrire et partager, c'est aussi se libérer.

Il y a pourtant ce frein que je mets, ne voulant pas que ce lieu devienne le mur des lamentations.

Comme souvent avec moi, il y a la façade et l'intérieur.

Cela fait plusieurs nuits que je sens monter des pointes d'angoisse en moi. Toujours le même motif. Je sens que ma belle façade se fissure... colmater devient vain. Il en faut peu pour ouvrir quelques brèches.

Il n'est un secret pour personne que ma mère est un de mes sujets majeurs d'inquiétude. Je suis en plein dedans. Après une période où elle semblait remonter la pente, où on commençait à parler d'une sortie de la clinique où elle est depuis mi-mars, son état a à nouveau chuté. C'est impressionnant de voir les effets que la dépression peut avoir sur le corps : tremblement, déséquilibre, perte d'équilibre... comme si son corps entier laissait paraître son mal être. Depuis environ trois semaines, quand je vais la voir, elle pleure. Je tente de rester positive parce que c'est ce qui me permet de tenir aussi. Croire aux jours meilleurs. Mais je l'avoue je doute. La positif attitude ne résoud pas tout.

Mercredi dernier, j'ai rencontré la psy qui la suit. Les traitements ne donnent rien. Elle résiste aux médicaments classiques. Il a été décidé de tenter autre chose. La décision a été très difficile à prendre pour ma mère. Imaginer... il lui est déjà difficile de prendre une décision anodine, alors prendre une décision sur son futur traitement. Encore plus si celui-ci implique une technique assez nouvelle en France et un changement de clinique.
Mercredi prochain elle sera transférée dans une autre clinique (qu'elle connait déjà) pour un traitement dit : TMS ( stimulation transcranienne magnétique). Des séances quotidiennes d'une vingtaine de minutes, je crois, pendant lesquelles le patient reçoit des ondes magnétiques visant des zones du cerveau responsables des dépressions, afin de les stimuler.

Il y a deux ans, on lui avait proposé une thérapie un peu semblable, mais avec un autre système qui envoyait  un "courant électrique" sous anesthésie. Vol au dessus d'un nid de coucou, fait encore son effet, et on s'imagine certaines scènes assez vite. Bref, elle avait refusé.

J'espère qu'elle ira jusqu'au bout de ce nouveau traitement, qui présente bien moins d'effets secondaires et surtout qui ne nécessite pas d'anesthésie. J'aimerai tellement qu'il apporte enfin une solution durable à son état.

Je sais qu'elle a peur, je sais qu'elle n'y croit pas, je sais qu'elle doute de tout et encore plus d'elle. 

Elle craint son futur, se demandant si elle s'en sortira un jour.

Et je me pose moi aussi ces questions, même si je ne le lui dis pas.

Ce matin, à 10h 30, elle m'a appelée. En pleurs comme souvent ces derniers temps. C'était ma pause café . J'ai tenté de la calmer, mais c'est compliqué. En plus il faut dire que dans ces moments là, j'ai beaucoup de mal à comprendre ce qu'elle me dit...

Après avoir raccroché, je me suis rassise à ma place devant mon café froid. Une question d'une collègue a suffit à briser tout ce mur que je bâtis autour de moi : "ça va ? ". Et hop. deux mots et des larmes.

Je le savais? Je le sentais venir, ce moment où les larmes s'échapperaient. Trop bien "résister" ces derniers mois. Ou illusion de résistance.

Je sens qu'il m'en reste encore à verser. Que la brêche entrouverte n'a pas fini d'évacuer ce trop plein de tout ! 

Comment surmonter tout cela, comment tenir encore et encore ????

Cela fait si longtemps que cela dure !

Je me souviens en 2017, lorsque j'ai appris que j'étais malade, et que ma mère était à nouveau hospitalisée depuis plusieurs mois, je lui avais dit qu'elle serait sortie et guérie avant moi ! Douce illusion, à laquelle je croyais pourtant réellement !

Le pire c'est que j'en suis au stade, où je ne saurais même plus donner les dates de ses hospitalisations tant elles ont été nombreuses depuis 2013. Tout fini par se mélanger.

Les mois passés chez elle, finissent par se réduire comme peau de chagrin et c'est encore pire, si l'on comptabilise les semaines où elle va vraiment bien.

Je comprends sa lassitude, sa peur de finir en hopital psy ou dans un état de folie.

Elle me demandait mercredi dernier, ce qu'elle avait bien pu faire pour mériter cela ! Comme si lui ai-je répondu, on méritait d'être malade ! Ah si la maladie ne touchait que les méchants, cela se saurait ! 

Se préserver me dit-on. Se faire aider. Aller voir un psy à mon tour ? Que ferait-il pour moi ? M'écouter ? ouais, la belle affaire !

Bah, je suis injuste et peut-être (sûrement même) totalement réfractaire à cette idée. Même si lors de mes chimios, il m'est arrivé de discuter avec la psy de l'hopital. je n'ai jamais fait le premier pas en ce sens. c'est elle qui est toujours venue vers moi, alertée peut-être dans certains cas par les infirmières inquiètes de mes pleurs.

Voilà, c'est ça qu'il me faudrait une rencontre par hasard avec un psy ! 

Et puis d'abord pourquoi plus un psy, qu'un ami, où n'importe qui capable d'écouter ?

C'est vrai quoi, il n'y a pas que les psy qui savent écouter.

Derrière ces derniers mots, il y a, même si je le cache, un prise de conscience, que non, on ne peut pas tout traverser sans dommage, que le courage ne suffit pas toujours, que jouer à la forte a ses limites. Je pourrais en déballer des trucs à un psy... j'allais commencer une liste, mais quand même il y a du lourd ! (même si il y a toujours pire... petite phrase de positive attitude ! )

Certaines plaies ne se referment pas comme ça... le corps cicatrise plus vite que l'esprit. Il n'y a qu'à voir comment certains mauvais souvenirs reviennent parfois rapidement à l'évocation de mots, aux souvenirs de sensations ou de bruit (ah, le bruit de sonnerie du  téléphone quand personne ne décroche !) Trop souvent vécu. trop souvent entendu !

Oui, il y a du lourd dans ma petite caboche en ce moment, et dans mon coeur.

Voilà, j'ai aligné les mots pour guérir des maux. Une fois de plus.

Rien de bien miraculeux dans cette démarche. Mais c'est sûrement mieux que le silence.

Je me suis parlée à moi-même ce soir, à travers ce blog. Mais puis-je être objective en ce qui me concerne ? 

La nuit m'apaisera peut-être... mais j'ai tellement conscience que les prochaines semaines risquent d'être difficiles.

Ne pas se laisser happer dans une spirale négative. Regarder le beau et la chance que l'on a. Saisir le meilleur pour affronter le pire. voir le bonheur là où il est... mais bon sang ! avoir un peu de répit, pouvoir souffler, pouvoir y croire, se détendre, oublier les pleurs de sa mères, ses angoisses, ne pas penser à tous ces moments de vie qu'elle rate, positiver, positiver, positiver, positiver !

Mais ne pas nier ! 

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13 mai 2019

Encore une coïncidence ?

Deux messages en deux jours ! Attention ne nous emballons pas. Il est possible qu'une période de disette suive cette "boulimie" passagère.

Hier, après avoir écrit ma note ( et presque surprise au final d'en avoir dit autant), je suis allée me coucher. Avant cela, une mission : aller choisir mon nouveau livre de chevet.

Au pied du lit, au pied de l'étagère, git une pile de livres. On y trouve les livres lus récémement et pas encore rangés (oui, oui, il faudrait racheter une étagère), les livres lus par l'un et pas par l'autre et les livres en attente de deux lecteurs.

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Sans avoir de véritable idée du sujet du livre, j'ai choisi celui-ci  (livre acheté par mon mari... qui me dit : "ça doit être un livre de filles". Il existerait donc des livres de filles pour les filles et des livres de mecs pour les mecs ? Discussion à creuser. Bref, je digresse).

Et soudain, la liberté par Pisier

Mon lit, un livre, une couette et hop, je bouquine.

La dernière fois en lisant le dernier Delphine de Vigan, je m'étais dit que la vie nous réservait de drôles de coïncidences.

Page 30, de ce livre,  je tombe sur ça :

"Que se passe-t-il en vous le jour où vous apprenez que la femme que vous aimez le plus au monde, votre mère s'est suicidée ? Quelle part de vous s'effondre pour toujours à cet instant ? En écrivant ces mots, je ne peux m'empêcher de penser à Delphine de Vigan et à son livre : "Rien ne s'oppose à la nuit." "L'idée ne pouvait pas m'atteindre, c'était inacceptable, c'était impossible, c'était non. " Et pourtant.

 

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12 mai 2019

La vie est loin d'être une ligne droite !

C'est tout de même étrange comment parfois, les mots ne veulent plus couler. On dirait que sous mes doigts le liquide est visqueux. De mon stylo à encre ou sur les touches de mon clavier, mes doigts alignent de moins en moins les mots.  Ce n'est pas la première fois que j'ouvre la barre "Nouveau message" et que je regarde l'écran, tout comme je regarde la page blanche.

Il faut croire que le blanc ne m'inspire pas ces derniers temps.

Ce n'est ni un mauvais signe, ni un bon signe. C'est un constat. Je ne m'en formalise pas trop. Mais pourtant, je me dis souvent qu'il faudrait à nouveau couvrir "ces pages" et d'autres avec.

Je pourrais parler lecture. J'ai oublié de "raconter " bien des livres lus et aimés. Ceux qui ne me laisseront qu'un vague souvenir, n'ont pas besoin de figurer ici.

Retenons : Les gratitudes de Delphine de Vigan et un joli livre d'Isabelle Monnin. Je vous avoue que pour ce dernier la lecture date de février dernier lorsque j'étais en Martinique.Une jolie histoire de deux soeurs. En lisant ce livre où l'auteure narre ses souvenirs avec sa soeur, je me suis demandée jusqu'où je pourrais remonter les miens. Avec un an d'écart, nous avons fréquenté la même école pendant des années. Mais je dois constater que je n'ai aucun souvenir de ma soeur dans la cour de récration. mes premiers souvenirs doivent remonter au collège. Je ne dis pas que je n'ai pas de souvenirs d'elle avant le collège, mais je constate qu'aucun souvenirs d'école primaire (et encore moins maternelle) ne me revient avec ma soeur. Nous avions je suppose chacune des centres d'amis bien différents. Tout au plus, je me rappelle d'un carnaval, moi en majorette et elle en fée qui c'était terminé sous des trombes d'eau. Je crois néanmoins que ce sont surtout les photos de l'époque qui ravivent ces souvenirs.

 Mistral perdu ou les événements par Monnin

C'est sûrement ce que je recherche ici, parfois, inscrire les faits. Les rendre "immortels". Les voir noir sur blanc.

C'est aussi souvent une bonne thérapie. Un moyen d'évacuer les nuages, pour moi qui ait trop souvent tendance à tout garder.

Des nuages ? Sous mon ciel, en ce moment ? Bof, guère plus que d'habitude. Ma mère est toujours hospitalisée. Elle va mieux comparé au début, mais cela, je le sens est encore fragile. Cela met un peu de grisaille dans mon ciel, mais j'arrive à m'en accomoder plus ou moins bien.

Evoquer ma mère, c'est forcément évoquer aussi ma soeur. Lorsque j'étais dans le sud, j'ai trouvé le temps de lui parler, de lui dire que notre mère attendait d'avoir de ses nouvelles... elle devait appeler. Nous attendons toujours. Enfin, moi, je n'attends plus. Pourtant, je la croyais quand elle m'a dit qu'elle allait le faire. Je suis une indécrottable optimiste. Notez,  que je ne dis pas naïve. Je n'aime pas ce mot.

Hier, sur un banc, au soleil, assise à côté de ma mère, je lui ai laissé un message. Savoir comment elle allait, comment allaient les enfants et ma grand-mère. 

Mon côté optimiste me dit qu'elle a dû appeler ma mère, à défaut de me rappeler pour donner des nouvelles. 

L'esprit humain a bien des méandres que je ne comprends pas. C'est parfois un vrai labyrinthe. Et moi, les labyrinthes c'est un fait, ça m'angoisse. Vrai de vrai. je déteste ça, ces trucs dans les jardins, faits de hautes haies qui tournent et retournent, ont le don de générer un sentiment d'angoisse chez moi. D'ailleurs, je n'y rentre pas. 

Résultat de recherche d'images pour "image labyrinthe"

Pour moi, ma soeur, c'est comme un labyrinthe. parfois, je crois que je suis toute proche d'en trouver la sortie et hop, au détour d'un chemin, me voilà à nouveau en train de tenter de comprendre. Mais après tout, il n'y a peut-être rien à comprendre. Fort heureusement ou malheureusement, je n'ai plus trop envie de rechercher mon chemin dans les méandres de son esprit, de ses sentiments. Je me détache doucement. J'en ai trop souffert et je ne suis pas maso, non plus.

Fichtre. Le liquide visqueux est devenu fluide. 

J'avais des choses à dire. Il me manquait la forme.

Je le savais.

Je le savais que j'avais des choses à dire. Mais cela me lasse aussi de répéter ici toujours les mêmes choses. Ce n'est pas un labyrinthe ce blog, c'est un cercle... une fois la boucle bouclée on refait un tour ! Que de métaphores ce soir !

 

" J'ai fait le tour. La boucle est bouclée." Jacques Prévert.

 

 

 

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20 avril 2019

Tulipes

Il fait si beau ces derniers jours, que je fus presque surprise d'entendre le vent cette nuit et la pluie !

La pluie nocturne a vite laissé sa place au soleil... quelle douceur !

J'ai profité des quelques gouttes qui restaient sur les pétales des tulipes.

Ces tulipes ne proviennent pas de mon jardin, hélas ! Mais d'un champ de cueillette libre. 

 

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12 avril 2019

Coïncidence

Je m'amuse de certaines coïncidences. 

Un livre lu est souvent pour ma part associé à un endroit, à un moment.

Hier, alors que pour occuper une journée pluvieuse, nous achevions notre virée shopping, j'ai acheté deux livres. Les derniers  livres de Delphine de Vigan et de Cali ( j'avais déjà parlé ici du premier livre du chanteur).

Déjà, la couverture du livre Les gratitudes de Delphine de Vigan était faite pour moi. Magnifique coquelicot sur fond noir. J'adore !

J'ai commencé à le lire hier soir, et je ne l'ai pas encore fini, donc je ne pourrai pas aujourd'hui, donner un avis définitif sur le livre. Mais alors que je suis venue ici pour voir ma grand-mère placée en Ehpad, la vieille dame dont il est question dans ce livre, y fait aussi son entrée. 

Je ne pouvais que m'émouvoir de cette coïncidence. Certains livres semblent arriver au bon moment dans nos vies.

"J'essaie de téléphoner plus souvent. Mais au téléphone, c'est plus difficile. Elle entend mal et se perd plus rapidement. Alors la conversation s'amenuise, se ritualise, se vide malgré moi.Sa voix me paraît soudain si lointaine. [...] Quand je raccroche, c'est mon impuissance qui m'assaille et me laisse sans voix."

 

 

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08 avril 2019

Vacances.

Me voici dans le sud, comme prévu.

La route fut bonne et la circulation très fluide. Joie du départ un dimanche qui évite les bouchons parisiens.

Aujourd'hui, ciel peu couvert. Du soleil, un peu de vent mais pas trop. Promenade dans la garrigue avec mon inséparable appareil photo. Mais comme je n'étais pas seule, je n'ai pas abusé du déclencheur. 

Cela fait du bien ces promenades au grand air.

Vers 16 h 30, nous sommes allées avec ma fille voir ma grand-mère. Ma soeur m'avait prévenue par texto de me préparer à la voir amaigrie et "escamotée" au visage. En effet, mercredi dernier, alors que ma soeur la ramenait à la maison de retraite après un examen médical, ma grand-mère a chuté. Nez, joue, arcade sourcillière, genou, hanche bien marqués et un pouce douloureux. Elle ne s'est pas ratée.

J'avais prévenu ma fille pour la préparer autant que moi.

Nous l'avons retouvée, loin du loto traditionnel, dans son habituel fauteuil, près du bureau des infirmières, en train de dormir. Une fois de plus, elle m'a semblé si petite... et si mince. Je crois que ce sont ses genoux que j'ai remarqués le plus. De plus en plus fins.

Respirer, retenir la buée de mes yeux, la réveiller délicatement. Lui dire : "Mamie c'est Stéphanie et Léanne". Voir son regard bleu s'illuminer, son sourire apparaitre, et entendre : "Stéphanie, oh mais quelle surprise ! " (Elle ne savait pas que nous devions venir.)

Respirer, sourire, retrouver ma grand- mère. Certes amoindrie, mais toujours bel et bien là parmi nous. Curieuse de savoir comment  nous allions, heureuse de papoter. 

Nous avons évoqué aussi sa dernière fugue, tout en plaisantant sur les multiples barrières qui entourent maintenant l'entrée de la maison de retraite. "Ah, ils en ont fait tout un pataquès ! "nous a-t-elle dit. Rire et connivence. Super mamie était de retour ! 

Cela m'a fait du bien de la voir, de l'entendre, de la sentir assez bien malgré tout.

Sa perte de poids est liée à des problèmes de déglutition. Le radiologue craint des "fausses routes". Difficile de faire des examens supplémentaires car certains nécessiteraient une anesthésie et sur une femme de 94 ans, les médecins sont frileux...

Du coup, elle doit boire de l'eau gélifiée (J'avoue que je ne savais même pas que cela se faisait.) et manger "mouliné". 

La dernière fois, elle s'est fachée" après une résidente, qui la voyant endormie sur son fauteuil, a affolé toute la maison de retraite en criant qu'elle était morte ! 

Il faut dire que certaines personnes âgées n'ont plus toute leur tête. C'est assez "flippant" en fait. J'ai tenté de répondre à quelques questions de dames aux cheveux blancs sans trop paraitre décontenancée. La dame assise à sa table seule, ne nous a pas crié dessus cette fois... ouf !

Dur dur de vieillir et de voir son entourage vieillir. C'est ce que je disais à ma fille, en lui parlant de sa grand-mère, qui me semble si "vieillie" en ce moment. Encore un autre sujet, un autre problème.

Jeudi dernier, elle m'a appelée à l'école. ça n'allait pas...j'ai l'habitude maintenant. Et là le refrain habituel et "pourquoi ta soeur ne m'appelle pas ! ". 

"J'en sais rien maman. Appelle-la, parle-lui, laisse lui un message et tu verras bien".

J'avoue que je ne sais plus quoi dire dans ces cas là. Ni quoi faire, qui ne soit vain.

Elle a appelé, laissé un message, et pour l'avoir eu au téléphone ce soir pour lui donner des nouvelles de sa mère, je sais que ma soeur n'a pas rappelé.

J'ai donc une mission. Discuter avec ma soeur.

Oh joie ! Je sais que cela ne changera rien. Mais bon...

Samedi, c'est ma mère qui m'a inquiétée. Un peu perdue dans le temps. Je suis arrivée avant 15 heures, elle pensait qu'il était 17 h. Un moment dans la conversation, elle m'a dit que c'était long, que cela faisait deux mois qu'elle était là et que rien n'avait changé. J'ai dû lui rappeler qu'en fait cela ne faisait que 3 semaines... je crois que les médicaments l'embrouillent.

Elle se plaint de vertige, d'avoir l'impression de tanguer. Nous sommes sorties acheter un magazine de mots fléchés... peu de mètres, mais la marche fut longue. Sur le retour, elle marchait étrangement, le haut du corps en arrière, penchée sur le côté... j'étais soulagée d'arriver devant le poste infirmier. De retour dans la chambre, après un temps de repos, ça allait mieux. L'infirmier a nénamoins appelé le médecin garde. Un rdv avec un neurologue devrait être pris. Est-ce un effet des médicaments, des angoisses? Je ne sais pas.

Toujours est-il, et j'y vois malgré tout un bon signe, qu'elle pleure. C'est triste dit comme cela, mais, je me dis qu'elle évacue et c'est une bonne chose. Je comprends ses craintes de ne pas s'en sortir, de retomber toujours dans cet état. Je les comprends car, même si je ne le lui dis pas, je les partage. Les phases basses sont de plus en plus présentes et de plus en plus difficile à remonter. L'esprit dérègle le corps. les médocs aussi !

 

Longue note un peu décousue.

 

Allez je ne vais garder que le meilleur : le sourire de ma grand-mère, sa voix et sa peau toujours aussi douce.

 

 

 

 

 

 

 

 

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